Mamour FALL, Président de l’ONECCA, sur un projet de texte pour réguler la profession comptable au niveau régional

  • Posted on: 21 March 2011
  • By: onecca

A l’ouverture officielle de leurs assises célébrant leurs 10 ans d’existence, les acteurs sénégalais sollicitent le soutien des autorités pour que le pays, mais aussi l’Uemoa, « précisent pour de bon les limites de transfert de notre souveraineté à l’Ohada ».L’Ordre national des experts comptables et des comptables agréés du Sénégal (Onecca) a vivement remercié les autorités de l’économie et des finances ainsi que celles de la justice pour leur vigilance lors de l’examen récent d’un projet de texte au cours du dernier conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (Ohada) à Lomé. Son président en a fait part hier, jeudi 3 février à l’ouverture officielle des assises de l’Onecca à Dakar. Mamour Fall pense que c’est grâce aux deux ministres sus indiqués que le risque a été écarté de l’adoption d’un texte qui pouvait être lourd de menace pour l’exercice et la gouvernance de notre profession.

A son avis, ce texte était sans pertinence et a été conçu dans la précipitation, pour adresser des problèmes qui ne relèvent pas de la régulation de la profession à un niveau régional, mais plutôt de la nécessaire assumation par chaque pays de ses responsabilités et de l’exercice de ses prérogatives de politique économique. Pour lui, transférer les problèmes de chaque pays au niveau de l’Ohada n’est pas la meilleure voie pour les résoudre. C’est ainsi que l’Onecca sollicite le soutien des autorités pour que le Sénégal mais aussi l’Uemoa « précisent pour de bon les limites de transfert de notre souveraineté à l’Ohada ». Pour cette organisation, « le partage de législation n’est pas synonyme de partage de régulation professionnelle, qui relève plutôt de la politique économique…domaine que nous partageons au sein de l’Uemoa, mais pas de l’Ohada ».

Le secrétaire général du Ministère de l’Economie et des finances, M. Oumar Sylla a réitéré le soutien que son département apporte aux initiatives que l’Onecca est en train de prendre sous la houlette de la commission de l’Uemoa. Selon lui, il s’agit entre autres de renforcer l’application des normes internationales de publication de l’information financière IFRS pour les sociétés cotées à la Brvm et les sociétés qui publient des comptes consolidés. Il y a également la généralisation à l’ensemble de l’Uemoa de l’utilisation des normes d’audit de l’Ifac (Conseil des normes comptables internationales du secteur public, en français). Toutefois, a-t-il ajouté, « c’est le lieu de rappeler que ce soutien s’accompagne d’exigences de notre part sur votre rôle citoyen ». Les autorités espèrent que les membres de l’Onecca s’engagent à mesurer leur rôle dans le développement économique du pays, par des évaluations périodiques, faites « sous le Sceau de la Transparence ».

Sur ce même registre, le directeur de cabinet du commissaire chargé des politiques économiques et de la fiscalité intérieure (Dpe) de l’Uemoa, M. Serigne Mbacké Sougou, revenant sur le thème des assises de l’Onecca (Bonne gouvernance des entreprises et la qualité de l’information financière), a rappelé que l’atteinte des objectifs du Pacte de convergence, de stabilité de croissance et de solidarité socle de l’intégration économique suppose notamment l’application de politiques vertueuses axées sur des règles de transparence telles que définies par le cadre harmonisé des finances publiques.

Soulignant la place centrale de l’expert comptable dans le processus de la bonne gouvernance, M. Sougou pense que « dans le contexte actuel des économies de nos Etats membres, caractérisé par un besoin important de flux d’investissements et de ressources fiscales, l’image fidèle de nos entreprises et la fiabilité de l’information financière constituent des enjeux importants ». A l’en croire, c’est pourquoi, la Commission de l’Uemoa a mis l’accent ces dernières années sur le renforcement des capacités des acteurs intervenant dans l’élaboration et le contrôle des écritures comptables.